
Le troisième volet de la PPE 3 dévoilé en février 2026
Longtemps attendu par les acteurs des secteurs énergétique et industriel, le troisième volet de la PPE 3, ou Programmation Pluriannuelle de l’Energie, est paru au Journal Officiel en février 2026. Ce texte fixe désormais les orientations énergétiques françaises pour les dix prochaines années, avec une ambition principale : libérer la France de sa dépendance aux énergies fossiles.
Comment ces orientations vont-elles se traduire dans le secteur industriel ? Décryptage.
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La PPE 3 : une feuille de route pour s’affranchir des énergies fossiles
Piloter la transition énergétique française
Pour faire face à l’urgence climatique et atteindre la neutralité carbone en 2050, la France s’est dotée d’outils de pilotage dont la PPE et la SNBC.
Alors que la SNBC fixe les ambitions de décarbonation à long terme et selon différents scénarios, la PPE traduit concrètement ces orientations sur le volet énergétique. Elle a donc un impact concret sur les politiques publiques, en particulier sur les futurs arbitrages en matière de subventions et dispositifs de soutien.
Avec cette nouvelle PPE 3 en 2026, l’État adresse un triple défi : la souveraineté énergétique, la compétitivité économique du pays et la lutte contre le changement climatique.
S’affranchir des énergies fossiles face aux incertitudes géopolitiques
La PPE 3 s’inscrit dans un contexte géopolitique fortement perturbé par la guerre en Ukraine (2022) et le conflit actuel au Moyen-Orient qui fait de nouveau grimper les prix de l’énergie. Elle affirme donc des ambitions renforcées pour réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Si la France est plutôt en avance par rapport à ses voisins européens dans le développement des énergies renouvelables (10 % supérieurs à la moyenne européenne), le mix énergétique français reste dominé par les énergies fossiles avec 37 % de pétrole et 21 % de gaz naturel dans la consommation d’énergie finale du pays.
L’industrie suit cette tendance. En 2024, elle utilisait encore en majorité des énergies fossiles pour ses besoins énergétiques : près de 150 TWh étaient issus des gaz naturels, pétrole et charbon, contre 135 TWh pour l’électricité, les énergies renouvelables et la chaleur, selon la SDES (Statistique Publique de l’énergie, du transport, du logement et de l’environnement).

Source : SDES, Bilan énergétique de la France
Cette situation entraîne des conséquences délétères pour la souveraineté énergétique de la France, qui se trouve soumise aux aléas économiques du marché. Pour en sortir, la PPE 3 fixe une baisse de la consommation d’énergies fossiles de 900 TWh à 330 TWh d’ici 2030 et mise sur plusieurs axes de travail dont le recours à l’efficacité énergétique et à l’électrification.
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Le recours renforcé à l’efficacité énergétique et aux énergie renouvelables parmi les axes de la PPE 3
La place centrale de l’efficacité énergétique
Parmi ses grands axes, la PPE 3 ambitionne de réduire considérablement les consommations énergétiques globales de la France.
Cette ambition s’inscrit dans la continuité de la directive sur l’efficacité énergétique (DEE). Révisée en 2023, elle appartient au paquet législatif Fit for 55 et présente des objectifs particulièrement élevés.
Réduction de la consommation d’énergie finale entre 2023 et 2030 :
De 1510 TWh à 1243 TWh en 2030 et 1100 TWh en 2035
En parallèle, pour favoriser l’efficacité énergétique, la PPE 3 parie sur une augmentation de la production de chaleur renouvelable et de récupération, avec une multiplication par deux de sa consommation d’ici à 2035. Ainsi, l’ensemble des secteurs fortement consommateurs, comme l’industrie, devront recourir à des technologies de récupération de chaleur fatale. Par ailleurs, les entreprises énergivores seront soumises à la réalisation d’audits énergétiques, ou à la mise en œuvre de systèmes de management de l’énergie.

« Les crises que nous traversons depuis quelques années le démontrent : la gestion de l’énergie devient un facteur de rentabilité central pour les industriels. Or, pour améliorer sa performance énergétique, il faut avant tout connaître sa consommation. Pour cela, il est essentiel d’avoir une vision exhaustive de données énergétiques du site industriel. La réalisation d’audits ou l’utilisation d’un EMS (Energy Management Software) couplé à un accompagnement par des experts peut avoir plusieurs bénéfices concrets : identifier les déperditions, mieux consommer l’énergie, renégocier les contrats énergétiques, ou encore atteindre ses objectifs réglementaires (ISO 50 001). »
Sébastien Papouin, Directeur Technique, Dametis
Dametis vous accompagne pour mettre en place un logiciel EMS (Energy Management Software)
Cap sur un système énergétique décarboné et majoritairement électrifié
En parallèle de la conduite d’actions en faveur de l’efficacité énergétique, la PPE 3 fixe des objectifs pour tendre vers un mix énergétique souverain et décarboné. Pour les atteindre, elle prévoit 3 axes concomitants :
Premièrement, la PPE 3 fixe un accroissement des capacités du parc nucléaire existant et la construction de six nouveaux réacteurs EPR2.
La PPE 3 vise également à développer le recours aux énergies renouvelables et décarbonées tant électriques que non électriques. Toutes voient leurs prévisions de production revues à la hausse, comme l’hydrogène, le biométhane, ou encore le photovoltaïque ou l’éolien en mer.
Enfin, la PPE 3 souhaite encourager le recours massif à l’électrification. Pour être durable, le développement de la production d’électricité décarbonée doit s’accompagner d’une électrification à grande échelle des usages.
La PPE 3 inclut une clause de revoyure d’ici à 2027 si les objectifs d’électrification ne sont pas atteints. Cette clause permettra d’ajuster la trajectoire, si nécessaire.
650 TWh d’électricité décarbonée produite d’ici 2035, soit une augmentation de 42 %
par rapport à 2023.
« Dans l’industrie, les objectifs d’électrification fixés par la PPE 3 sont ambitieux et nécessitent un soutien fort via des mesures incitatives. Si remplacer certains équipements au gaz par des équipements électriques est déjà possible, les investissements restent conséquents pour les industriels : on ne rétrofit pas un four au gaz en électricité, il faut remplacer l’équipement entier et intervenir au cœur du procédé ! »
Sébastien Papouin, Directeur Technique, Dametis
Les impacts de la PPE 3 sur le secteur industriel
Une transformation en profondeur de l’industrie française
L’accélération des énergies décarbonées souveraines et les efforts d’efficacité énergétique entraîneront nécessairement des transformations profondes dans l’industrie française, alors que le secteur représente 19 % de la consommation énergétique globale de la France.
Dans la PPE 3, l’électrification et la décarbonation du secteur sont étroitement liées à la réindustrialisation. En particulier, le mix énergétique élaboré dans le texte repose sur un scénario de réindustrialisation dont les activités utiliseraient de l’énergie décarbonée et compétitive pour alimenter leurs procédés.
Par ailleurs, pour les capacités industrielles existantes, plusieurs dispositifs viennent soutenir cette transformation. Des programmes comme France 2030 visent à positionner la France en leader des technologies de décarbonation, tout en étant complétés par des mécanismes de soutien direct, tels que les certificats d’économies d’énergie (CEE), ainsi que par des appels à projets dédiés comme BCIAT ou DECARBIND.


« Pour réussir ces profondes transformations industrielles, il est essentiel d’adopter la bonne méthodologie. Avant tout changement d’équipement ou de source d’énergie, il faut analyser le site dans sa globalité afin d’avoir une vision complète de ses consommations énergétiques. Cette analyse permet ensuite de prendre des décisions éclairées, en prenant en compte les besoins de l’industriel, ses contraintes mais également les aides disponibles. Chez DAMETIS, nous accompagnons nos clients avec rigueur et méthode à chaque étape de ce processus. »
Sébastien Papouin, Directeur Technique, Dametis
Soutenir la compétitivité industrielle dans la transition énergétique
Ces transformations visent à renforcer la compétitivité de l’industrie française. Pour cela, la PPE 3 s’appuie sur deux axes : accroître une électricité bas carbone à prix maîtrisés pour faire face à la concurrence internationale (Chine, États-Unis), et encourager la décarbonation ainsi que l’électrification, notamment des secteurs les plus exposés.
Pour garantir une énergie décarbonée, stable et compétitive, la PPE 3 prévoit des mesures pour maîtriser le coût énergétique : compenser les émissions indirectes de CO₂ des entreprises exposées à la concurrence internationale et réduire le tarif d’utilisation du réseau pour les sites électro-intensifs et les installations de stockage, par exemple.
« Pour renforcer la compétitivité de nos clients industriels, notre priorité est simple : les aider à produire autant, en consommant moins. Pour cela, nous les accompagnons dans la conception d’un mix énergétique optimisé, combinant différentes sources (électricité du réseau, photovoltaïque, gaz etc.) pour leur permettre de choisir la meilleure option selon leurs besoins et les prix du marché afin d’atteindre une forme de résilience énergétique à l’échelle de leurs sites.»
Sébastien Papouin, Directeur Technique, Dametis
La PPE 3 est donc un texte structurant pour l’avenir de l’industrie française, avec des objectifs ambitieux. En tant que spécialiste de la performance énergétique, DAMETIS peut vous aider à faire le point sur votre situation et vos consommations énergétiques.