
La compétitivité et la productivité sont au cœur des problématiques des industriels : un équipement, une ligne de production ou une usine qui ne produit pas au maximum de ses capacités perd en rentabilité.
Pour connaître leur productivité effective, il existe de nombreux indicateurs. Parmi eux, l’OEE est l’un des plus connus et des plus universels. Alors, que mesure-t-il ? Comment le calculer ? Pourquoi ? Et quelles évolutions à l’heure de l’industrie 4.0 et de l’IA ? Voici tout ce qu’il faut savoir !
Tout comprendre sur l’OEE : définition, calcul et objectif
TRS vs. OEE : quelles différences ?
Au sein des ateliers de production, deux notions sont souvent évoquées quand il s’agit de calculer la performance et l’efficacité d’un équipement industriel : l’OEE et le TRS. Souvent présentées de manière différenciée, ces deux notions sont pourtant les mêmes. L’OEE (Overall Equipment Effectiveness) est l’équivalent anglais du TRS ou Taux de Rendement Synthétique.
L’OEE, ou TRS, constitue un indicateur de référence. Exprimé en pourcentage, il mesure le temps durant lequel une installation fonctionne de manière optimale. Autrement dit, quand elle produit des pièces conformes, à la vitesse prévue et sans arrêt.

Ne pas confondre TRS et TRG !
Le TRG (Taux de Rendement Global) mesure la performance globale d’un équipement en incluant dans son calcul les arrêts planifiés ou les temps d’indisponibilité de la machine.
Comment calculer l’OEE ? La norme AFNOR NF E60-182
Avant de pouvoir analyser efficacement l’OEE pour en tirer des pistes d’amélioration, il est nécessaire de procéder à son calcul. Celui-ci permet d’identifier et de distinguer les différentes sources de pertes en fonction de leur origine. L’analyse de chaque indicateur fournit ensuite des axes d’action spécifiques.
La meilleure façon de calculer l’OEE est d’utiliser la méthode complète proposée par l’AFNOR dans la norme NF E60-182. Elle inclut 3 indicateurs clés :
- La disponibilité,
- La performance,
- La qualité
OEE = Taux de disponibilité x Taux de performance x Taux de qualité
L’OEE est donc le résultat de la multiplication de plusieurs facteurs exprimés en pourcentage :
- Le taux de disponibilité mesure la proportion de temps pendant laquelle une machine est réellement en fonctionnement et disponible pour produire.
- Le taux de performance compare la cadence réelle de production à la cadence théorique.
- Le taux de qualité évalue les pertes liées à la non-qualité, aux rebuts et aux retouches.
Pour interpréter correctement l’OEE, il est nécessaire de le mettre en relation avec une valeur de référence : l’OEE cible. Celui-ci est calculé à partir des capacités théoriques de l’équipement ou de la ligne mais aussi des objectifs de production fixés. C’est donc l’écart entre l’OEE réellement obtenu et l’OEE cible qui permet d’identifier si l’équipement ou la ligne fonctionnent au maximum de leurs capacités.

Calculer l’OEE : quelques bons réflexes à adopter
Pour obtenir un OEE qui soit le plus représentatif possible de la réalité, il est nécessaire d’observer quelques règles
- Bien définir le périmètre du calcul : au niveau des équipements ou des lignes, voire des ateliers.
- Récupérer des données fiables, notamment sur les arrêts, les quantités ou encore les longueurs de cycles de production. Ces données peuvent être difficiles à obtenir ou à l’inverse être très nombreuses. Elles nécessitent alors un travail de consolidation avant leur utilisation.
- Enfin, la mesure d’un TRS doit s’accompagner d’actions de correction, sinon elle risque d’être inutile.
OEE : un levier pour optimiser sa production à l’heure de l’IA et de l’industrie connectée
Quels sont les avantages de l’OEE pour renforcer l’efficacité de sa production ?
L’OEE permet de regarder au-delà d’une machine qui semble tourner en continue et respecter ses cadences. Son calcul met alors en lumière les éléments qui impactent concrètement son rendement. Par exemple, les arrêts non-planifiés, les rebuts pour manque de qualité ou encore les micro-arrêts de production. Autant d’éléments qui ont une incidence directe sur la productivité, mais qui sont pourtant rarement identifiés.
Améliorer l’indicateur OEE peut alors aider à renforcer les performances d’un outil de production avec de nombreux avantages à la clé. Parmi eux :
- Une productivité augmentée : les machines ont des temps d’arrêt minimum et fournissent un produit de meilleure qualité.
- Des coûts de production réduits : l’amélioration de l’OEE permet de réduire les mises au rebut, les reprises et la perte de matières premières.
- Des équipements plus fiables et durables : pour améliorer l’OEE, la maintenance et l’entretien des équipements se doivent d’être réguliers.
- Une productivité optimisée et améliorée : calculer l’OEE permet d’améliorer la disponibilité des lignes sans recourir à des investissements lourds, comme le remplacement des machines par exemple.
Quand un équipement, une ligne ou encore une usine est mieux exploitée grâce au calcul de l’OEE, le gain de productivité bénéficie à toute l’entreprise. L’OEE est donc un levier stratégique pour mettre la donnée au service de la productivité et de la compétitivité de l’entreprise.
Vers un OEE augmenté grâce à l’IA et aux nouvelles technologies
Les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle ouvrent de nouvelles perspectives pour le calcul et l’exploitation de l’OEE. Grâce aux capteurs IoT, les données peuvent être collectées automatiquement au plus près des équipements. Leur traitement et leur analyse sont ensuite facilités par les outils numériques et l’IA, qui fournissent des indicateurs plus fiables et qui identifient plus rapidement les principales sources de pertes dans l’atelier.
Associé aux technologies de collecte et d’analyse de données, l’OEE peut également contribuer en temps réel au pilotage des équipements, à la détection des dérives de production ou encore à l’anticipation de certaines défaillances. L’OEE devient ainsi un véritable outil de management, capable de fournir une vision commune aux équipes de production, de maintenance et à la direction.
Cette évolution s’inscrit pleinement dans notre démarche, qui est d’accompagner les industriels dans la digitalisation et l’optimisation de leurs performances. En s’appuyant sur la collecte des données terrain, leur centralisation et leur analyse, MyDametis permet de transformer les données issues de l’atelier en informations concrètes et exploitables. L’objectif est de donner aux industriels une meilleure visibilité sur leurs performances, d’identifier les leviers d’amélioration et de faciliter la mise en place d’actions adaptées.
Bien plus qu’un simple indicateur de performance, l’OEE est un véritable outil de pilotage industriel. En combinant des données, des technologies numériques et en fournissant des axes d’amélioration, il permet de passer du ressenti à l’analyse, puis de l’analyse à l’action, tout en rapprochant les enjeux opérationnels de l’atelier des objectifs stratégiques de l’entreprise.